Le triangle de Karpman également connu sous le nom de modèle dramatique de Karpman est un schéma relationnel destructeur qui met en lumière trois rôles interdépendants : La victime, le sauveur et le persécuteur. Ce concept tire son nom du psychologue Stephen Karpman qui l’a élaboré dans les années 1960.
Les interactions dans ce modèle dramatique se déroulent généralement selon un schéma récurrent formant ce que l’on appelle un triangle vertueux de dysfonctionnement. Dans ce triangle les personnes impliquées passent d’un rôle à l’autre de manière cyclique, alimentant ainsi des dynamiques toxiques.
Quelles sont les causes d’un modèle relationnel qui s’apparente au schéma du triangle de Karpman et comment reconnaître que vous vivez cette problématique relationnelle ?
Les causes du triangle de Karpman
Les causes du triangle de Karpman peuvent être variées mais souvent enracinées dans des schémas comportementaux et des croyances ancrées pendant l’enfance. Quelques exemples :
- Modèles parentaux dysfonctionnels: les schémas relationnels observés dans l’enfance peuvent influencer la manière dont une personne interagit à l’âge adulte. Des modèles parentaux caractérisés par des dynamiques de victime, sauveur et persécuteur peuvent contribuer à la formation du triangle de Karpman.
- Les traumatismes antérieurs: les expériences traumatiques telles que les abus sexuels, émotionnels ou physiques peuvent façonner les croyances et les comportements d’une personne notamment lorsqu’ils n’ont pas été résolus.
- Manque de compétences relationnels: certaines personnes peuvent manquer de compétences pour établir des relations saines et équilibrées. Une absence de communication efficace de résolution des conflits et de gestion des émotions peut contribuer au maintien de ce triangle dramatique.
- Besoin de contrôle : les individus qui ressentent un besoin compulsif de contrôler les autres ou leur environnement peuvent être enclins à adopter le rôle de persécuteur. Ce besoin de contrôle peut découler d’une peur d’abandon ou d’une faible estime de soi.
- Quête d’approbation et d’attention : certains individus peuvent chercher à obtenir l’approbation et l’attention des autres en adoptant le rôle de victime. Le besoin constant d’être pris en charge et secouru peut masquer des sentiments de vulnérabilité et d’insécurité.
- Défis personnels non résolus : les personnes confrontées à des défis personnels non résolus tels que des problèmes de dépendance, de santé mentale ou de traumatismes peuvent perpétuer des schémas relationnels destructeurs du triangle de Karpman.
Les 7 signes indicateurs d’un triangle de Karpman
Voici les 7 signes indicateurs d’un triangle de Karpman :
- Vous avez l’impression permanente d’être la victime
- Vous avez tendance à vouloir sauver les autres
- Vous exercez du pouvoir ou de la domination
- Vous changez fréquemment de rôle dans vos relations
- Vos relations sont cycliques et prévisibles
- Vous ressentez une difficulté à établir des limites saines
- Vous avez du mal à exprimer vos besoins et vos sentiments
Vous avez l’impression permanente d’être la victime
Dans le triangle de Karpman, le rôle de victime est caractérisé par un sentiment constant d’impuissance et de vulnérabilité. Les personnes adoptant ce rôle ont souvent tendance à attribuer la responsabilité de leur malheur à autrui. Cela peut se manifester au travers de plaintes constantes, d’un sentiment d’injustice ou d’un refus de prendre ses responsabilités.
Elles peuvent alimenter un cycle de blâme et de victimisation.
La posture de victime peut entraîner une perception altérée de soi-même et des autres et par prolongement des dynamiques relationnelles toxiques.
Vous avez tendance à vouloir sauver les autres
Le rôle du sauveur se caractérise par une propension à vouloir secourir ou aider les autres souvent au détriment de ses propres besoins. Les individus qui endossent ce rôle se sentent investis de la mission de venir en aide aux autres parfois de manière compulsive.
C’est ainsi que le sauveur aura des difficultés à prendre soin de de lui-même et en intervenant de manière excessive il maintiendra la victime dans ce rôle.
L’impact de ce rôle peut être significatif sur l’entourage qui pourra se sentir infantilisé ou dévalorisé. Le « syndrome de l’infirmière » où la personne prend soin de son partenaire au point de s’oublier elle-même s’inscrit dans une dynamique sauveur/victime qui pourra provoquer un déséquilibre de pouvoir dans la relation.
Vous exercez du pouvoir ou de la domination
Le persécuteur, également connu sous le nom de bourreau, est celui qui exerce du pouvoir ou de la domination sur les autres. Les individus qui adoptent ce rôle tendent à imposer leur volonté aux autres de manière agressive ou abusive.
En couple cette dynamique peut se manifester par un partenaire qui prend constamment le dessus sur l’autre utilisant des tactiques telles que la critique constante, des techniques de manipulation émotionnelle ou même la violence physique. A titre d’exemple, un conjoint peut exercer du pouvoir en dictant les décisions importantes du couple, en contrôlant les finances ou en limitant la liberté et l’autonomie de l’autre. Être persécuteur implique d’imposer sa volonté aux autres de manière abusive en ignorant ou en violant délibérément leurs droits et leur bien-être.
Exercer du pouvoir ou de la domination dans le triangle bourreau, victime, sauveur peut donc avoir des conséquences dévastatrices sur les relations interpersonnelles.
Vous changez fréquemment de rôle dans vos relations
Dans une relation triangulaire de la psychologie telle que décrite dans le modèle dramatique, les individus impliqués dans ces dynamiques relationnelles toxiques ont tendance à changer fréquemment de rôle passant tour à tour de la victime au sauveur puis au persécuteur et ainsi de suite.
A titre d’exemple dans un couple, un partenaire peut initialement adopter le rôle de la victime en exprimant des besoins ou des désirs insatisfaits. L’autre partenaire investi du devoir de secourir endosse alors le rôle du sauveur tentant de résoudre les problèmes.
Cependant cette dynamique peut rapidement évoluer lorsque le partenaire initialement perçu comme victime se sent menacé par le contrôle ou la domination de son partenaire sauveur le conduisant ainsi au rôle du persécuteur en réagissant de manière agressive ou critique.
Vos relations sont cycliques et prévisibles
Dans le triangle de Karpman, les relations tendent souvent à suivre des schémas cycliques et prévisibles. Cette nature cyclique découle de la tendance des individus à interagir selon les rôles de victime, sauveur et persécuteur entraînant une répétition des mêmes schémas au fil du temps.
Briser le cycle des relations cycliques et prévisibles dans le triangle de Karpman nécessite souvent un travail sur soi-même (psychothérapie) afin d’identifier les schémas de pensées et de comportements qui alimentent ces dynamiques toxiques.
Vous ressentez une difficulté à établir des limites saines
Dans cette dynamique relationnelle toxique les individus impliqués ont souvent du mal à définir et à maintenir des frontières claires et respectueuses. En établissant des limites les individus peuvent se protéger contre la manipulation et favoriser des relations basées sur le respect mutuel et l’autonomie individuelle.
Vous avez du mal à exprimer vos besoins et vos sentiments
La communication dans les relations toxiques du triangle de Karpman est souvent entravée par la difficulté à exprimer ses besoins et ses sentiments de manière authentique et constructive, en raison de la peur du rejet ou du conflit.
Pour améliorer la communication dans le triangle de Karpman, il est essentiel de mettre en place des techniques de communication efficaces. Cela inclut la pratique de l’écoute active (empathie). L’expression des besoins et des sentiments permet alors de promouvoir une compréhension mutuelle et de renforcer les liens affectifs.
Analyser votre situation relationnelle via le triangle de Karpman et la thérapie
En résumé, le triangle de Karpman offre un cadre puissant pour comprendre et déconstruire les schémas relationnels toxiques qui peuvent nuire re aux interactions interpersonnelles.
En développant une conscience de soi, des compétences relationnelles saines et en adoptant des comportements assertifs, il est possible de briser les schémas répétitifs et de cultiver des relations plus équilibrées et saines. La thérapie est justement un excellent moyen d’y parvenir !
Steven Horn, psychothérapeute à Angers ou à distance
Vous pensez être concerné(e) de loin ou de près par des relations semblables à celles décrites dans le triangle de Karpman ? En tant que psychothérapeute, je peux vous accompagner à prendre du recul vis-à-vis de votre situation. Par l’analyse des signes indicateurs et la discussion, nous veillerons ensemble à vous sortir de cette relation triangulaire pour aller vers le mieux, avec vous et avec autrui. Contactez-moi si vous souhaitez en discuter.


